[PEOPLE] 2009 : CHRISTINE KELLY, PREMIÈRE FEMME NOIRE MEMBRE DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE L’AUDIOVISUEL

 

C‘est la benjamine du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Elle y a été nommée à 39 ans, un jeune âge pour régner parmi les « sages » d’un paysage cathodique tourmenté. Mais avec elle, ça bouge toujours. Energique, belle femme charmeuse à l’allure de bimbo « avec un côté pin-up de Tex Avery » — selon son ami et ex-collègue Julien Arnaud, présentateur sur TF1 et LCI —, Christine Kelly, 42 ans, 1,70 m, ne tient pas en place.

Elle défend cause sur cause, de l’accessibilité des handicapés aux médias en passant par les nuisances sonores de la pub. Mercredi dernier, à l’occasion de la sortie de son livre, « le Scandale du silence. Familles monoparentales » (Ed. Léo Scheer), elle organisait à la mairie du IIIe arrondissement de Paris un « speed dating » entre une vingtaine de femmes touchées par le phénomène et des huissiers transformés en coachs pour leur apprendre à récupérer la pension à laquelle elles ont droit face à des hommes qui fuient. Un problème qui n’a rien de personnel pour cette quadra sans enfant : « Si j’étais moi-même à la tête d’une famille monoparentale, je ne pourrais pas mener ce combat avec la même liberté. »

Arrivée au CSA il y a trois ans, l’ex-journaliste de LCI, première présentatrice noire en métropole — elle est d’origine guadeloupéenne — a d’abord agacé ses collègues. Ce n’est plus le cas. « Sa nomination avait provoqué d’importantes tensions avec certains membres du collège de conseillers, se souvient un témoin tour Mirabeau. Peut-être était-elle trop dans la communication. Or c’est une femme de caractère. Depuis, les relations avec les conseillers se sont apaisées. »

24 CV envoyés d’un coup à LCI

Michel Boyon, président du Conseil, abonde : « Elle mène un bon travail d’investigation et de dialogue, dont elle prend toujours l’initiative. » Son sens de la proximité et des sujets de la vie quotidienne fait merveille. « Elle n’a pas pris le melon », se réjouit son amie journaliste à TF1 Sylviane Mandet. De son ancien métier, elle a gardé une grande curiosité, le goût pour l’enquête et la volonté de voir comment cela se passe dans les pays étrangers. C’est aussi une grande bosseuse, généreuse. « Elle a le cœur sur la main et parle cash. Elle n’hésite pas à se mettre en colère, mais n’est pas rancunière », observe l’éditeur Yves Derai, patron des Editions du Moment, où elle a publié plusieurs livres, dont une autobiographie du footballeur William Gallas, avec celui-ci, guadeloupéen lui aussi.

Elle fonce d’un sujet à l’autre. Le dossier à épines du pluralisme et du temps de parole, au CSA, elle s’est battue pour le décrocher. Son activisme en dérange certains, comme si elle cherchait à se montrer. « Cette attitude provient d’un manque de confiance en moi-même jusqu’à l’adolescence, réplique-t-elle. J’ai eu une enfance dure en Guadeloupe. Quand j’étais ado, je donnais des cours de maths et physique bénévolement pour des associations. J’ai toujours milité ainsi. A 15 ans, j’étais jolie. On me demandait sans arrêt : Tu ne veux pas être mannequin? J’ai toujours voulu être là où on ne m’attend pas. J’ai tenu à devenir journaliste après des études de maths et de physique. Je n’ai jamais été pistonnée. Pour être recrutée à LCI, j’ai adressé 24 CV d’un seul coup! J’ai défoncé la porte. »

Arrivée sur la chaîne info, elle enquête sur l’affaire Flactif pour en faire, en 2006, son premier livre, devenu le film actuellement en salles. L’année suivante, elle écrit la biographie de François Fillon. « Tout le monde parlait de Nicolas Sarkozy. Il était Premier ministre et n’a répondu oui à mes demandes d’interview que tardivement. J’avais presque fini d’écrire! » On l’aura compris, Christine Kelly est une femme de tête. « Elle a un caractère chaud-bouillant, parfois soupe au lait, note Jean-Claude Dassier, son ex-patron à LCI. Quand on a eu des différends, j’ai eu droit à des admonestations dans mon bureau car je ne lui donnais pas une fonction suffisamment importante. » Tous la savent ambitieuse. « Sa carrière n’est pas fermée. Elle peut redevenir journaliste, ou entrer en politique », ajoute ce dernier.

Elle aurait pu entrer au gouvernement

En mars 2009, deux mois après sa nomination au CSA par le président du Sénat d’alors, Gérard Larcher, Nicolas Sarkozy avait envisagé de la nommer au gouvernement. « On en a discuté plusieurs fois, reconnaît-elle. Je venais d’arriver. Je voulais et je veux aller jusqu’au bout de mon mandat de six ans. Je m’interroge régulièrement sur l’opportunité de faire de la politique. J’attends qu’on me pose la question à l’échéance de ma mission. Pour l’instant, tout cela me fait rigoler. Je pourrais aussi être productrice ou diriger la communication d’un grand groupe privé. Je ne m’interdis rien. »

La rumeur a couru à l’automne qu’elle viserait un siège de députée à Paris. « Entièrement faux, répond-elle. Je ne vais pas délaisser mon mandat au CSA pour me retrouver sans boulot! » Les pieds sur terre.

Source : http://www.leparisien.fr/espace-premium/culture-loisirs/le-portrait-de-la-semaineune-des-membres-du-conseil-superieur-de-l-audiovisuel-csa-18-03-2012-1911208.php

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