[SOCIÉTÉ] «LE MAJORDOME» OU COMMENT ETRE UN BON NÉGRE ?

Premier au box office américain depuis sa sortie il y a 3 semaines «Le Majordome» est un film de Lee Daniels retraçant (en partie) la vie de Eugene Allen, majordome noir qui vit défiler 8 présidents américains. De 1952 à 1986 le fameux Cecil Gaines joué fabuleusement par Forest Whitaker nous donne une autre vision de la vie à la maison blanche pendant un peu plus de 2h. Le réalisateur Lee Daniels n’a pas lésiné sur les moyens avec un casting de stars digne d’un mercato du PSG avec Forest Whitaker, Oprah Winfrey, Cuba Gooding Jr ou Lenny Kravitz pour ne citer qu’eux.
Aux USA le film fait un carton, Le président Obama a même déclaré récemment qu’il avait laissé couler une larme en le regardant.
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Cependant ce «movie» soulève beaucoup de controverses sur le message envoyé à la communauté noire. Malgré les millions d’entrées enregistrées au cinema, certains noirs se demandent pourquoi Hollywood aime tant présenter les noirs dans des rôles serviles et dociles, mais montre une résistance pour les films tels que Malcolm X, dans lesquels les noirs jouent des caractères forts, indépendants. «Le Majordome» est plus politique qu’il n’en donne l’impression, il présente le mouvement des droits civiques comme salutaire pour les noirs et le mouvement «black power» comme suicidaire. Le mouvement initié par Martin Luther King est clairement mis en avant dans ce film alors que Malcolm X n’est mentionné qu’une seule fois pour rappeler soigneusement que son travail et celui des «black panthers» étaient inutiles.

L’impression à la fin du film est qu’il faut être patient en tant que noir(e) et que la meilleure manière de réussir est en se taisant, en étant un bon nègre et trouver un agréable babtou qui nous adoptera comme Gary Coleman (Arnold et Willy). Sans manquer de respect à tous ces noirs qui tout au long de l’esclavage ou de la colonisation ont travaillé dur, on se doit de poser une question importante en 2013: Est-ce qu’un majordome peut être réellement libre et indépendant, ou est-ce quelqu’un qui demandera toujours un boulot à ceux qui peuvent lui offrir (les blancs ou même les noirs) ?

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Soyons clair, nous respectons tous les majordomes, cuisiniers ou femmes de chambres d’aujourd’hui et d’hier. Ils n’ont pas à avoir honte de leur métier et devraient être appréciés pour ce qu’ils endurent pour nourrir leur famille. Mais de l’autre coté de la barque il est important de comprendre qu’une communauté remplie de majordomes et femmes de chambre n’aura jamais le genre d’indépendance nécessaire pour gagner le respect dans une société capitaliste. Derrière ces femmes de chambre et ces majordomes il devrait y avoir une armée d’entrepreneurs noirs, docteurs et autres avocats. Attendre et faussement croire que les blancs nous donneront une véritable égalité des chances en échange d’un «bon comportement» est aussi stupide que de croire que le boulanger cédera gratuitement ses baguettes si le client pleurniche à la caisse.

Avec un tel engouement au tour de ce film, NegroNews conseille à ces lecteurs d’aller voir ce film mais de garder un esprit critique sachant qu’Hollywood ne dépensera jamais un rond pour réaliser des long-métrages sur ces hommes et femmes noirs forts et indépendants que notre histoire a connu.

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