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‎[SOCIÉTÉ] LES ANGLAIS RECONNAISSENT LEURS TORTURES DE CIVILS AU KENYA

C’est le fait marquant de cette deuxième journée de mardi, de l’audience de la Haute cour de Londres, qui examine les plaintes de trois Kényans, victimes d’abus pendant les dernières années de la colonisation.

Les trois plaignants, aujourd’hui âgés de plus de 70 ans, ont confirmé devant les juges les mauvais traitements et tortures auxquels ils ont été soumis dans des camps.

Le gouvernement britannique, pour la première fois, a reconnu que des mauvais traitements et des actes de torture ont été commis dans les années 50 mais continue de soutenir qu’il y a prescription, et refuse l’idée d’une compensation des victimes. Il y a un an, les trois plaignants avaient obtenu une première victoire dans leur bataille juridique contre la couronne britannique.

Le juge Mcombe avait estimé que leur plainte méritait d’être prise en considération. Les avocats du gouvernement ont alors avancé qu’il y avait prescription des faits, qui se sont déroulés il y a plus 50 ans. De leur côté, les avocats des plaignants font valoir qu’il s’agit d’une affaire exceptionnelle et demandent au juge d’user de son pouvoir discrétionnaire.

Wambugu Wa Nyingi, Paulo Muoka Nzili et Jane Muthoni Mara, ont brièvement répondu aux questions de l’avocat du ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth par l’intermédiaire d’un interprète.

Le gouvernement ne conteste pas qu’ils aient subi « des mauvais traitements et aient été torturés quand le pays était une colonie britannique.

Dans une déposition écrite, Wambugu Wa Nyingi, 84 ans, père de 16 enfants, un journalier agricole, a raconté comment à la veille de Noel en 1952 il avait été arrêté puis détenu pendant près de neuf ans dans un camp.
Un jour en 1959, à la suite d’un incident, 11 de ses compagnons de camps furent matraqués à mort. S’étant évanoui sous les coups, il eut la chance de survivre. Il en porte encore les marques sur son corps.

Il a rappelé que les Mau Mau, le principal mouvement qui a combattu pour l’indépendance du Kenya, ont été interdits jusqu’ en 2003. Il a expliqué qu’il ignorait qu’il pouvait réclamer des dédommagements, jusqu’à son interrogation par la commission kényane des droits de l’homme en 2006.

Jane Muthoni Mara, 73 ans, a confirmé que l’empreinte digitale en tête de sa déposition écrite était bien la sienne, détaillant les abus dont elle a été victime, dont un viol avec une bouteille pleine d’eau bouillante.

Le tribunal aura accès à 8.000 documents d’archives, rapatriés après l’indépendance du Kenya en 1963, et qui ont été récemment retrouvés.

Plusieurs dizaines de milliers de Kényans avaient été emprisonnés, dont le grand-père du président des Etats-Unis, Barack Obama.

Source : bbc.co.uk

Image d’illustration : Un camp au Kenya pour prisonniers Mau Mau en 1952.

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Commentaires

  1. sunnyakc blog dit :

    It’s a nice post.

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