‎[INSPIRATION] SAVONS-NOUS SEULEMENT QUI EST TYLER PERRY?

Non, ne perdez pas votre temps à vous indigner car ceci est une réalité. Il faut l’avouer, rares sont ceux qui peuvent citer plus de deux titres de sa filmographie. Inutile d’essayer de faire les intéressants, même si on vous accorde trente minutes de réflexion, vous n’y arriverez pas. À moins d’être vraiment branché culture afro-américaine, vous êtes comme tout le monde, vous avez entendu parler de cet ovni avec l’évènement «Precious», film qu’il a produit et qui a remué un bon nombre d’entre nous.

Pour ne pas mourir idiote je suis donc allée faire un tour sur le web pour en savoir plus sur celui qui a été classé numéro 1 des personnalités les mieux payées du secteur du divertissement par Forbes en 2011, devant Jerry Bruckheimer et ses pirates ou encore Steven Spielberg et ses bolides breakeurs !!
C’est ainsi que j’ai découvert un auteur, acteur, metteur en scène, réalisateur, producteur, noir et riche. Rien de nouveau jusque là, sauf que j’étais loin, je l’avoue, de connaître l’étendue de sa créativité. Je me suis émerveillée à la lecture de son parcours étonnant, parcours d’un homme qui a d’abord connu l’échec mais ne s’est pas laissé abattre. Un homme qui s’est accroché à ses idées, a décidé de faire du dicton «on n’est jamais mieux servi que par soi-même» son leitmotiv. Il l’a consciencieusement appliqué, en écrivant, adaptant, réalisant ses propres films. Un homme qui s’est impliqué jusqu’à créer et surtout jouer le personnage d’une grand-mère juste incroyable de drôlerie, d’espièglerie et de mesquinerie, Madea, qui fait désormais partie intégrante de la culture afro-américaine.

J’ai également découvert qu’outre ses seize films, il a également sévi dans le milieu du théâtre où il a d’ailleurs commencé (plus de 10 pièces à succès) , produit trois séries télés et écrit un livre «Don’t make a black woman take off her earrings / Madea’s uninhibited commentaries on love and life» qui a été numéro un sur la liste des best-sellers du New York times et est resté sur la fameuse liste pendant 12 semaines !!! Il est à noter qu’un exemplaire du fameux livre est disponible sur le site de la Fnac vendu par Pbshop, revendeur d’Amazon.fr. Juste pour démontrer à quel point la grande enseigne a misé sur lui.
Alors comment-est-ce possible qu’une telle success-story soit si confidentielle en France ? Est-ce parce qu’il est plus intéressant de montrer des noirs qui dansent, ou qui chantent ? (Non, je n’ai rien contre Yannick Noah). Le noir en France doit-il être seulement associé au trou de la sécu, aux rackets dans les cités, à la drogue, aux guerres ethniques, à la corruption, aux vieux présidents quasi séniles qui s’accrochent au pouvoir ?
Une pause pour dire un immense Merci à Abdoulaye Wade qui (a finalement) cédé avec élégance sa place à Macky Sall, tout comme Abdou Diouf avant lui. Même si cela n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, et que cela ne s’est pas fait sans douleur, cela nous a changé de la débâcle Gbagbo, qu’on soit partisan ou pas, qu’on imagine une manipulation ou pas.

Alors pour trouver une réponse, je regarde de plus près la filmographie de notre cher Tyler, je m’aperçois que ses œuvres sont comme qui dirait «dirigées». La plupart des films décrivent un univers « noir», parlent «noir» et sont donc, du coup, peu accessibles à toutes les communautés. Il est clair que le discours du sage assis sous le baobab renfermera toujours des subtilités insaisissables pour les non-initiés. Malheureusement, comme le lui reproche notamment Spike Lee, les blagues ne volent pas toujours très haut, et on ne peut pas s’empêcher de constater que la longue liste de ses récompenses sont essentiellement décernées par des institutions typiquement afro-américaines telles la National Association for the Advancement of Coloured People.

On peut donc le blâmer de faire du divertissement de noirs, par les noirs et pour les noirs, ce qui peut alimenter une certaine ghettoïsation. Je répondrais pour ma part qu’il répond juste à un besoin d’identification légitime d’une partie de la population qui n’est plus à vrai dire une minorité et que son parcours n’est pas rythmé que de blagues potaches. Avec ses films, la population afro-américaine voit ses réalités retranscrites à l’écran et se sent représentée. Le fait qu’il ait pu monter ses projets, sans tomber dans la démagogie prouve tout simplement qu’il vit dans un pays où le talent, la détermination et le travail paye. Cela n’est pas toujours le cas au pays de la baguette. Est-ce ce spectre du « Black Power » qui fait peur en France, raison pour laquelle les « Tyler Perry’s Productions » ne sortent même pas en salle chez nous ?
J’émettrais néanmoins un bémol en disant que l’art doit pouvoir parler à tout le monde et c’est en cela qu’il peut nous faire grandir, nous réunit (oui j’écoute « We are the world » et j’y crois). Barack Obama n’a pas gagné les élections en disant « je suis noir » mais « Yes we can », en réunissant toute une nation, toutes couleurs confondues vers un objectif commun. Alors, rions entre nous, mais rions aussi tous ensemble, allons vers les autres et laissons les entrer chez nous.

Je finis en disant qu’à choisir je préfère regarder Tyler Perry plutôt qu’un énième enfant rachitique avec de la morve plein le nez. Et j’ai envie de faire comme lui, par ses multiples œuvres de charité pour ne plus voir cet enfant dans l’avenir (« We are the world » bis) !

Source : Diese Magazine

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Commentaires

  1. BrownSuga dit :

    Très bon article, étant fan de Tyler Perry et comme certains aime le dire a fond dans la culture « afro », je pense que les oeuvre de Tyler Perry sont il est vrai très « communautaire » lorque’on parle des « Madea’s3 de « For Colored Girl » il a fait des film comme « Star Trek » ou encore « Precious » qui sont plus grand public,

    Ps : Hotep a vous les Frères, courage et bonne continuation

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