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‎[CULTURE] MARTINIQUE: IL Y A 52 ANS, ILS DÉFIAIENT L’ÉTAT FRANÇAIS

Dans les nuits du 19 au 23 décembre 1962, des jeunes réunis au sein de l’OJAM (Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique) avaient placardé un manifeste intitulé « La Martinique aux Martiniquais » . Quelques semaines plus tard, ils seront arrêtés et quelques-uns d’entre jugés pour « complot contre l’Etat » .

La retraite a sonné, cinquante ans après, pour tous les protagonistes de l’affaire de l’OJAM. A l’époque, une génération de jeunes, par ses revendications politiques, suivies d’une vague d’arrestations, sont entrées de plain-pied dans l’histoire politique de la Martinique. Ils étaient artisans-bijoutiers, étudiants en médecine, fonctionnaires de l’éducation ou des douanes… Les plus jeunes frôlaient la vingtaine, les plus âgés avaient à peine 25 ans. Tous se disaient « anti-colonialistes » et voulaient, à l’instar des pays du tiers-monde, « débarrasser » la Martinique de la tutelle française. Après des mois de concertation en Martinique et d’échanges avec leurs compatriotes étudiant en France, ils sont passés à l’acte en affichant officiellement leur existence dans un manifeste placardés sur les murs des églises, des gendarmeries ou des mairies de la Martinique, le 19 décembre 1962.

Ainsi, pour la première fois de son histoire, un mouvement nationaliste composé de jeunes était porté sur les fonts baptismaux. A l’exception de ceux qui adhéraient au Parti communiste français (Guy Dufond, Hervé Florent, Gesner Mencé, Manfred Lamotte et Roland Lordinot), un grand nombre se réclamait du nationalisme. Et, parmi ces derniers, il y avait les « radicalisants » et les modérées. La Bande raide, une structure formée par les jeunes de Rive-Droite à Fort-de-France appartenaient aux radicalisants. Ils se nomment Victor Lessort, à l’époque artisan bijoutier et Henri Armongon, jeune inspecteur des douanes.

L’ACCUSATION DE « COMPLOT CONTRE L’ETAT »

Ce dernier a servi de pont entre l’aile française de l’OJAM où l’on trouve les défunts Marcel Manville (avocat), Edouard Glissant (écrivain) et des étudiants dont Henri Pied, Marc Pulvar, Renaud De Grandmaison, Georges Aliker ou Josiane Saint-Louis-Augustin.

Le 13 février 1963, une première arrestation est opérée dans les rangs de l’OJAM à Case-Pilote, en la personne d’Henri Armongon. Il serait détenteur de document mettant en cause « l’intégrité du territoire français » . D’où l’accusation de « complot contre l’Etat » . Ce document est intitulé « Fiche dogmatique et technique » et ne comporte que deux feuillets dactylographiés. Au plan du dogme, il ne fait référence ni à une ligne politique ni une conduite idéologique. Sa partie technique est une description sommaire des gendarmeries en Martinique. Cela justifiait-il l’embarquement en masse de 12 jeunes, le 8 mai de l’année suivante sur un vol spécial à 2 heures du matin à destination de la France ?
Quoi qu’il en soit, l’expérience de l’OJAM n’aura été que de très courte durée. Formée en septembre 1962 au Lamentin, l’organisation s’est éteinte dans les prisons françaises dans le courant du premier trimestre 1963. Mais 50 ans après, l’OJAM n’en finit pas de dérouler le tapis de sa propre histoire. Au-delà des accusations réciproques de trahison, d’autres gardent un souvenir amer d’une révolution inachevée.

Source : France antilles

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